CFE restaurant : sur quoi elle se calcule et quand elle tombe

Mis à jour le 8 octobre 2026

La cotisation foncière des entreprises est l’un des rares impôts qui se paie même en l’absence de bénéfice. Elle surprend d’autant plus qu’elle arrive en fin d’année, sur un avis consultable en ligne et non envoyé par courrier, et qu’elle repose sur une base que peu d’exploitants comprennent.

Pour un restaurant, elle dépend surtout de la surface occupée et de la commune. Cette page explique comment elle se calcule, ce qui la fait varier, les exonérations mobilisables et les échéances à noter.

En bref : la cotisation foncière des entreprises se calcule en appliquant un taux voté par la commune à la valeur locative des biens utilisés pour l’activité. Une base minimum s’applique lorsque la valeur locative est faible. L’entreprise est exonérée l’année de sa création, avec une réduction de moitié l’année suivante. Le paiement se fait en ligne, avec un acompte en juin lorsque la cotisation dépasse un seuil et le solde au 15 décembre.

Sur quelle base se calcule-t-elle ?

Sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour les besoins de l’activité professionnelle, telle qu’elle est retenue pour la taxe foncière.

Trois conséquences en découlent pour un restaurant.

C’est la surface occupée qui pèse, indépendamment du chiffre d’affaires. Un établissement de 200 mètres carrés paiera davantage qu’un établissement de 60 mètres carrés à activité égale.

Les locaux annexes comptent : réserves, laboratoire, bureau, local à déchets. Une surface déclarée trop large coûte chaque année, et l’erreur se reconduit tant qu’elle n’est pas corrigée.

Le taux est local. Il est voté par la commune ou l’intercommunalité, ce qui explique des écarts considérables entre deux villes voisines pour une surface identique.

La valeur locative retenue est celle des biens dont l’entreprise a disposé deux ans avant l’année d’imposition. Une extension réalisée cette année se répercutera donc dans deux ans, ce qui déroute au premier abord et se planifie.

Qu’est-ce que la base minimum ?

Un mécanisme de plancher, qui s’applique lorsque la valeur locative des biens est faible ou nulle.

Il concerne notamment les activités exercées sans local propre ou dans de très petites surfaces. La commune fixe le montant de cette base minimum à l’intérieur d’une fourchette définie par la loi, en fonction du chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise.

SituationBase retenueEffet pour un restaurant
Local commercial de taille standardValeur locative réelleCas général, base souvent supérieure au minimum
Très petite surface ou activité ambulanteBase minimum communaleConcerne les camions et les corners
Absence de local propreBase minimum au lieu du domicileRare en restauration
Chiffre d’affaires très faibleBase minimum de la tranche la plus bassePremière année d’activité partielle

Pour un restaurant disposant d’un local, la base réelle dépasse presque toujours la base minimum. Le mécanisme concerne surtout les activités ambulantes et les points de vente installés dans un local dont ils n’occupent qu’une partie.

Quelles exonérations existent ?

Trois familles, dont une s’applique à presque tous les créateurs.

L’exonération de première année. Une entreprise nouvellement créée n’est pas redevable de la cotisation foncière l’année de sa création. L’année suivante, la base est réduite de moitié. C’est une aide de trésorerie non négligeable au démarrage, à condition d’avoir déposé la déclaration initiale.

Les exonérations liées au territoire. Zones de revitalisation rurale, quartiers prioritaires, zones d’aide à finalité régionale : selon l’implantation, une exonération temporaire peut être ouverte, souvent sur délibération de la collectivité. Elle se demande, elle ne s’applique pas d’office.

Les exonérations liées à l’activité. Elles visent des activités particulières, artisanales notamment, sous conditions précises tenant à la part de main-d’œuvre et à l’effectif.

Un point pratique domine tous les autres : la déclaration initiale doit être déposée avant la fin de l’année de création. Son oubli fait perdre le bénéfice de l’exonération de première année et conduit à une imposition sur une base fixée d’office.

Quand et comment se paie-t-elle ?

Entièrement en ligne, sur l’espace professionnel de l’administration fiscale, et sans envoi papier.

  1. Un acompte est dû au 15 juin lorsque la cotisation de l’année précédente dépasse un certain montant. Il correspond à la moitié de cette cotisation.
  2. Le solde est dû au 15 décembre, après mise en ligne de l’avis d’imposition sur l’espace professionnel.
  3. Le prélèvement mensuel est possible sur option, ce qui lisse la charge sur l’année et évite l’à-coup de décembre.
  4. Aucun avis papier n’est adressé : c’est à l’entreprise de consulter son espace, et l’absence de courrier n’excuse pas un retard.

Le quatrième point est le motif de pénalité le plus fréquent. Une échéance notée dans le calendrier de gestion, au même titre que les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée, suffit à l’éviter. Ces obligations déclaratives sont reprises dans notre rubrique TVA et fiscalité.

Que faire en cas de fermeture ou de changement ?

Quatre situations appellent une déclaration, et leur oubli coûte cher dans les deux sens.

  • La cessation d’activité. Elle se déclare, faute de quoi la cotisation reste due pour l’année suivante alors que l’établissement est fermé.
  • Le changement de local. La nouvelle surface se déclare, et l’ancienne se retire.
  • La réduction ou l’extension de surface. Un local de réserve rendu au bailleur diminue la base, avec le décalage de deux ans.
  • Le changement d’exploitant. Il se déclare par le cédant comme par le repreneur, chacun pour ce qui le concerne.

Une vérification annuelle mérite d’être faite, et elle prend dix minutes : comparer la surface figurant sur l’avis avec la surface réellement occupée. Les écarts sont fréquents, notamment après un réaménagement, et une base surévaluée se paie chaque année jusqu’à sa correction.

Et pour une terrasse ?

La question revient souvent et la réponse tient à la nature de l’occupation.

Une terrasse installée sur le domaine public ne fait pas partie des biens dont l’entreprise dispose au sens de la cotisation foncière : elle relève d’une autorisation d’occupation temporaire et donne lieu à une redevance versée à la commune, qui est une charge distincte.

Une terrasse aménagée sur un terrain privé, fermée ou couverte de façon permanente, peut en revanche entrer dans la valeur locative, comme toute surface bâtie utilisée pour l’activité.

La distinction a un effet budgétaire réel : couvrir et fermer une terrasse déclenche potentiellement trois conséquences, une autorisation d’urbanisme, une modification de la valeur locative, et un changement de régime au regard de l’interdiction de fumer. Ces éléments se chiffrent avant les travaux, pas après.

Questions fréquentes

Faut-il payer la cotisation la première année ?

Non. L’entreprise créée en cours d’année n’est pas redevable au titre de l’année de création, à condition d’avoir déposé la déclaration initiale avant la fin de cette année. La base est ensuite réduite de moitié l’année suivante.

Un restaurant fermé toute l’année reste-t-il redevable ?

Tant que l’activité n’est pas cessée et que l’entreprise dispose des locaux, la cotisation reste due. Une fermeture temporaire ne suspend pas l’imposition : seule la cessation déclarée y met fin.

La cotisation est-elle déductible ?

Elle constitue une charge d’exploitation déductible du résultat imposable, dans les conditions de droit commun. Elle figure parmi les charges fixes et entre à ce titre dans le calcul du seuil de rentabilité, décrit dans notre page sur le seuil de rentabilité d’un restaurant.

Comment contester le montant ?

Par une réclamation adressée au service des impôts des entreprises, dans le délai prévu, en appuyant la demande sur la surface réelle et sur la nature des locaux. Un plan coté et le bail constituent les pièces les plus efficaces.

Existe-t-il un plafonnement ?

Un mécanisme de plafonnement en fonction de la valeur ajoutée existe pour la contribution économique territoriale, dont la cotisation foncière est l’une des composantes. Il se demande et son application dépend de la situation de l’entreprise.

À garder en tête : cette page décrit un cadre fiscal à sa date de mise à jour et ne reprend volontairement aucun montant, les taux et les fourchettes de base minimum étant votés localement et révisés chaque année. Le montant applicable figure sur l’avis mis en ligne sur l’espace professionnel, et toute question sur une base ou une exonération se traite avec un expert-comptable ou auprès du service des impôts des entreprises.

Sources

Sources consultées le 8 octobre 2026.

  1. Légifrance, code général des impôts, articles 1447 et suivants, cotisation foncière des entreprises : legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069577
  2. Impots.gouv.fr, cotisation foncière des entreprises, base d’imposition et exonérations : impots.gouv.fr/professionnel
  3. Entreprendre, service public, cotisation foncière des entreprises : entreprendre.service-public.gouv.fr
  4. Légifrance, code général des impôts, base minimum de cotisation foncière : legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069577